La genèse

La genèse de "Vengeance sans visage"

 

Parfois les enfants enfouissent au plus profond d’eux leurs frustrations. Peu à peu, avec les années, ces frustrations tapissent en toile de fond leur mémoire pour devenir une obsession.

C’est là que se trouve la genèse de Vengeance sans visage, au plus profond de mes souvenirs. Le souvenir d’un enfant qui brandit le poing, menaçant un ciel étoilé. Le souvenir de ce gosse qui jure qu’il se vengera ! Le souvenir de ce gamin désespéré de devoir quitter ses amis, sa grand-mère, son village parce que certains l’ont décidé ainsi. Cela je l’avais oublié au fil du temps. Je n’avais aucun regret à avoir, car ma nouvelle vie avait été agréable, mais les frustrations demeurent tapies, sournoises, prêtes à bondir.

Je suis revenu dans cette région, cette ville, ce village et ce fut comme une explosion de souvenirs et de regrets. Et si cet enfant était aussi revenu pour accomplir sa vengeance ? La question s’est posée d’elle-même alors que je passais devant mon ancienne maison. Cet enfant, ce n’était plus vraiment moi mais pas encore complètement un autre.

C’est ainsi qu’est née l’intrigue de Vengeance sans visage. Je me suis demandé comment les choses se seraient déroulées si ma vie avait été différente. J’ai transformé l’improbable en possible. Et puis les choses changent tellement vite, les paysages se transforment, les êtres partent, meurent. J’ai réuni mes plus beaux souvenirs, et planté le décor avec eux. L’envie d’un ultime hommage à ceux qui avaient croisé ma route et qui m’avaient permis de ne jamais devenir cet « Heimatlos ». L’histoire était prête, mais il lui a fallu une période assez longue pour que le personnage de la commissaire Nicole Desvignes prenne vie. Je connaissais bien le « méchant », mais il fallait que j’apprivoise son pendant.

Pour l’intrigue, je voulais que le lecteur se pose sans cesse des questions : qui est le tueur ? Qui est Heimatlos : la commissaire ? son adjoint ? un de ses hommes ? le procureur ? Dans chaque être il y a une dualité, alors j’en ai joué avec plaisir et délectation.

Ce roman se situe dans un décor régional, il en fallait bien un, mais pour cette histoire les lieux avaient autant d’importance que les personnages, et ainsi on passe de la Franche-Comté au Var sur les traces d’un enfant devenu tueur, qui ressemblent étrangement aux traces d’un autre enfant devenu auteur.

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