L'été s'ra chaud

L’été s’ra chaud, l’été s’ra dans les t-shirt dans les maillots….enfin le tout c’est d’y croire.

Par contre Le 20ème Festival du Chien Jaune c’est la chaleur de tous les instants. Parce que quoiqu’on en dise, le mauvais temps en Bretagne c’est très surfait….je sais que Paul Colize et Karine Giebel  ( mes illustres voisins de table), Marin Ledun ou Danielle Thiéry ne me contrediront pas. Sandra Martineau avait l’air à l’aise, Jean-François Pasques avait à peine une goutte de sueur tandis que Sébastien Lepetit et Samuel Sutra ont descendu des litres de bière….

Mais au-delà du temps, c’est la chaleur des bénévoles et des organisateurs qui est formidable : soirée crêpe, apéritif en mer….

Ce fut encore un salon plein d’émotion et de retrouvailles, mais également l’occasion de rencontrer des auteurs que j’apprécie ( et vous aussi) et que je ne connaissais qu’au travers de leurs œuvres.

Le Chien Jaune c’est  un de ces salons qui se grave dans ma mémoire pour le bonheur de ces rencontres.

Voilà ce qu’est le Chien Jaune : convivialité avec un grand « C ».

Chien jaune 2

Une fois n’est pas coutume, je vais également vous parler d’un autre auteur que j’ai découvert : Ellen Guillemain. Elle a une plume et sait créer un univers qu’on respire, qui vous colle à la peau pendant toute votre lecture et même après.

Sur les murs FB, elle a pondu un texte où elle met en scène Marianne Bracq et son créateur…moi ça m’a fait tout drôle et je vous le retranscris ici. Alors si vous voulez mieux la connaître demandez « ESPRIT DE FAMILLE » paru chez Flamant noir édition à votre libraire.

 

« AUDITION DU SUSPECT FABRICE PICHON

La commissaire Bracq fait entrer le suspect et s’assoit en face de lui....

- Votre nom ?

- Pichon

- Prénom ?

- Fabrice

- Bien, nous sommes le mardi 29 juillet 2014, il est 8h00 du matin, je vous signifie votre garde à vue Monsieur Pichon.

Pichon écarquille les yeux, encore mal réveillé. Il faut dire qu’il a veillé. Ils l’ont cueilli alors qu’il rentrait au petit matin après avoir fait la tournée des grands ducs… Il se racle la gorge.

- Je pourrais savoir ce qu’on me reproche exactement ?

La commissaire Bracq a du mal à dissimuler son profond agacement devant l’air parfaitement angélique de son suspect. Son regard clair et étonné incarne si bien l’innocence. Elle le fixe intensément avant de lui répondre.

- Chaque chose en son temps Monsieur Pichon, j’allais y venir… Vous trouviez-vous les 18, 19 et 20 juillet à Concarneau ? 

Le suspect, dans un geste machinal, remonte ses lunettes qui glissent sur son nez aquilin. Il faut dire qu’il fait chaud dans cette pièce. Il transpire. Il réfléchit à toute vitesse.

- Pourquoi me posez-vous cette question alors que c’est de notoriété publique Madame ?

Il est content de voir l’œil de la Commissaire virer au noir. Répondre à une question par une autre question permet de gagner du temps. - Répondez ! tonne-t-elle Il soupire et répond dans un filet de voix.

- Effectivement j’étais à Concarneau à cette date afin de participer au festival du Chien Jaune…

- Dans quel but avez-vous participé à ce festival ?

- Dans le but de vendre des livres…

Bracq se rejette en arrière, satisfaite de cette réponse puis, profitant que le suspect fixe un point imaginaire au sol, elle se lève brusquement et tape du poing sur la table, si fort que Pichon manque tomber de sa chaise.

- Nous y voilà ! Et vous avouez ! Comme ça !

Pichon, tremblotant comme une Jelly anglaise se rencogne contre son dossier de chaise. Il a perdu de sa superbe tout à coup.

- Mais je ne comprends pas ce que je fais là enfin, chouine t’il. Que me reprochez-vous ? Puis, dans un sursaut d’autodéfense : je ne suis qu’un honnête écrivain !

- Suffit ! hurle Bracq, je ne connais pas d’honnête écrivain ! J’ai déjà coffré vos complices Sutra, Guillemain qui dont partie de la très redoutée bande à Flamant Noir, mais aussi Lepetit ainsi que Martineau ! Et même Pasques ! Un de la maison en plus ! Ils sont au frais pour le moment…

Pichon a pris un coup, Bracq le voit à la transpiration abondante qui coule sur son front et à ses mains qu’il triture nerveusement. Il se demande certainement ce qu’ont avoué les autres… Bracq, contente de son effet, se radoucit.

- Voulez-vous un café Monsieur Pichon ? Ou plutôt… un Bowmore ?

Pichon lève un œil, un œil beaucoup moins innocent que cinq minutes plus tôt. Bracq ricane intérieurement.

- Votre réaction est éloquente Monsieur Pichon. C’est bien vous qui avez commis Le Mémorial des anges n’est-ce pas ?

Bracq a déjà éprouvé sa méthode avec les cinq autres qui attendent en bas. Ils sont tellement prévisibles ces écrivains… Elle observe Pichon qui semble reprendre vie, il sait qu’il devrait se taire mais déjà sa langue s’agite, se trémousse dans sa bouche close. Bracq lui assène le coup fatal.

- Il parait que les critiques sont bonnes…

Pichon se rengorge tout à coup. Son égocentrisme lui fait perdre toute notion élémentaire de prudence. Il craque.

- Oui, c’est bien moi qui ai écrit ce livre, le troisième d’une série. Celui-ci est le plus abouti selon moi… Voulez-vous que je vous en fasse le pitch ?

Bracq ne répond rien, de toute façon il ne l’écoute plus. Il est parti dans sa démence. Il déraille. Tout comme les cinq autres. Elle essaye de l’enfoncer un peu plus.

- Peut-être même que vous pourriez me le dédicacer et m’offrir un joli marque-page Monsieur Pichon ?

A cet instant, Pichon semble en lévitation au-dessus de sa chaise. Il a retrouvé son œil vif et ses couleurs. Il est en transe.

- Ecoutez Madame la Commissaire, ce serait avec grand plaisir mais je n’ai pas songé à emporter quelques exemplaires avec moi ce matin mais vous pouvez le trouver aisément sur le site des éditions du Citron Vert ou même sur toutes les plateformes de téléchargement légales. Ah, chez votre libraire aussi, sur commande. Vous voulez mon programme estival ?

Bracq le laisse achever son délirium, enfin, elle l’aide un peu en le giflant pour qu’il se taise sinon, elle y est encore à Noël. Redescendu de sa prose magnifique, Pichon se tient la joue et renifle un peu.

- Mais enfin, de quoi m’accusez-vous à la fin ! Bracq pointe un doigt rageur sur lui.

- D’avoir vendu vos livres, vous et votre bande de saltimbanques, à d’honnêtes gens déjà gravement drogués aux mots, des gens qui ont filé chez eux sitôt leur dédicace en poche, qui ont laissé le repas brûler, la pelouse monter, la poussière se déposer, leurs enfants à la garderie, leurs corvées inachevées… Tout ça pour quoi ? Pour lire votre prose ! Vous êtes fier de vous ?

Pichon devrait se sentir coupable, oui, il le devrait, mais l’accusation dans sa tête malade d’écrivain vaut toutes les critiques du monde littéraire, même celles de Gérard Collard. Il repart donc menotté rejoindre ses comparses, un sourire béat aux lèvres, sous le regard navré de la Commissaire Bracq… »


Maintenant je vous laisse poursuivre vos vacances et vous espère de belles lectures….

On se retrouve à la rentrée…..avec un programme chargé dès le premier week-end de septembre à Fouras

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PROCHAINE RENCONTRE

 

Le deschaux

 

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